Jeanne Malivel est une personnalité de l'histoire culturelle bretonne.
Née à Loudéac, dans une famille catholique de négociants ouverts à la culture, elle fait ses études secondaires à Rennes où, manifestement douée pour le dessin, elle suit les cours de Louise Gicquel, peintre.
A 19 ans elle prépare et réussit le concours d'entrée aux Beaux-Arts de Paris.
La guerre de 1914 interrompt ses études et l'oblige à revenir à Loudéac.
Elle y est infirmière bénévole dans un hôpital auxiliaire où elle croque les blessés dans ses nombreux carnets de dessin.
Elle repasse brillamment le concours des Beaux-Arts de Paris (4ème) en 1918, partage son atelier de Montparnasse avec une sculptrice et une maître verrier et participe à la Guilde Notre Dame et aux ateliers d'Art Sacré de Maurice Denis.
Elle passe de plus en plus temps à se documenter sur l'histoire et l'art celtiques.
Malgré d'intéressantes propositions à Paris, Jeanne choisit de retourner « vivre et travailler au pays» et est nommée professeur aux Beaux-Arts de Rennes en 1921.
Elle illustre l' Histoire de notre Bretagne de 74 bois gravés, dont certains sont exposés à New-York.
Elle fonde le mouvement artistique Ar Seiz Breur, avec lequel elle conçoit la salle de l'Osté pour l'exposition internationale des Arts Décoratifs de 1925 à Paris.
Pendant les 10 ans de sa courte carrière, Jeanne Malivel met son talent au service de la Bretagne.
Elle contribue au renouveau de l'expression artistique bretonne dans de nombreux domaines : gravure sur bois en première place, mais aussi mobilier, faïence, tissus, broderie, vitraux, peinture, aquarelle et dessin.
Ses compositions épurées sont à la fois modernes et chargées d'histoire, donnant une image forte des héros, saints, batailles, événements et personnages, ainsi que des paysages, costumes et objets.
Sensible à la cause des femmes, elle ambitionne de retenir au pays les jeunes bretonnes émigrant à Paris.
En développant un artisanat breton elle veut à la fois restaurer des savoir-faire locaux et introduire dans les foyers des objets beaux, utiles et de couleurs gaies.
Jeanne épouse Maurice Jung en 1925 et s'installe à Vitré.
L'année suivante, à 31 ans, enceinte et malade, elle décède à Rennes.
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